Entretien avec le vice président du parlement européen

Le 4 Octobre 2011, nous avons rencontré à Bruxelles le Vice-président du parlement européen, Gianni Pittella qui a répondu à nos questions sur le travail, la politique européenne et les projets en vue de son amélioration.

Gianni Pittella portrait

Gianni Pittella,vice président du parlement européen

 

 

 

 

 

 

 

 

1) Notre site s’appelle “modello curriculum” (la version italienne d’Exemples de CV), il s’agit d’un site qui propose des informations sur la rédaction du CV et sur la recherche d'emploi. Si vous écriviez pour ce site quels seraient les conseils que vous donneriez aux jeunes ?




Aux jeunes, je dirais que la première chose est de mettre en avant leur expérience propre, en plus de ce qu'ils ont appris, parce que s’il est important d'avoir un diplôme, une spécialisation, un Master, il est également important de montrer leur vocation pour une carrière. Ce n’est pas le tout d’avoir un bon curriculum, les fortes motivations morales comptent.

2) A ce jour en Espagne, en Italie et en Grèce, pensez-vous qu’un bon CV et une vocation puissent suffire?

Pas du tout. Ce n’est pas suffisant car il y a un manque d'opportunités et d'emplois. La situation est vraiment dramatique.

3) Aujourd'hui (4 Octobre 2011) a été présentée l'initiative «5 idées pour une Europe Jeune". Dans l'annonce, vous parlez très bien anglais. Pouvez-vous nous parler de cette initiative et nous dire aussi ce que vous pensez de ces dirigeants européens qui continuent de refuser d'apprendre l'anglais?

Merci de dire que je parle bien anglais. Je pense du mal de tous les dirigeants nationaux qui ne veulent pas apprendre l'anglais. J'ai cinquante ans et, avec une grande humilité, j'apprends l'anglais, sacrifiant, entre parenthèses, mes vacances. Cela fait des années que je passe l'été à Bruxelles avec ma femme et mon professeur d'anglais. Je ne vais pas à la plage parce que j’apprends l'anglais neuf heures par jour, presque chaque année.

4) Neuf heures par jour?

Neuf heures par jour. Ce n’est pas un mensonge. Il ya des témoins. Quoi qu'il en soit, je n'ai aucun intérêt à raconter des conneries. Connaitre l'anglais est indispensable.
Je paie les conséquences de l'état d'esprit d’il y a 35, 40 ans, quand j'étais étudiant et que connaitre des langues n'était pas important.
Et quand vous n'avez pas appris une langue à l’âge de dix ou quinze ans, c’est beaucoup plus difficile de s’y mettre plus tard.
Je me suis retrouvé député européen en étant incapable de parler d'autres langues que l'italien, alors j'ai décidé de commencer à étudier. Il est clair que j'ai beaucoup plus de difficultés qu'un enfant. Mais il faut savoir au moins une langue étrangère en plus de la sienne.

A propos de l'initiative «Cinq idées pour les jeunes en Europe", je pense que c’est une idée très belle et très innovante. Normalement, un Vice-président du Parlement européen et une vice-présidente de la Commission économique et sociale (Anna Maria Darmanin est la personne à laquelle se réfère l'interrogé) ne visitent pas dix ou quinze universités en Europe pour écouter mais davantage pour parler. Nous partons à l’écoute des propositions des jeunes étudiants.

Nous avons travaillé dur sur ce point et sommes fiers d'être à la base d'une nouvelle génération d'Erasmus. Je suis la personne qui a proposé le programme Erasmus pour les jeunes entrepreneurs et les jeunes dans l'administration publique.

Entretien avec le vice président du parlement européen partie 2

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