Entretien avec le vice président du parlement européen partie 2

5) Pensez-vous vraiment qu'un fonctionnaire d'une administration publique d'un pays d'Europe du Nord a quelque chose à apprendre d'un fonctionnaire issu du sud de l'Europe ?

Il est clair que l'agent du Sud apprend plus, mais l'échange n’est jamais à sens unique. L'échange va dans les deux sens et il est toujours bénéfique. Je suis convaincu qu’il faut des échanges d’expériences dans les administrations publiques, dans les écoles, au collège, au travail.

Gianni Pittella

Gianni Pittella devant le symbole de l'union européenne

 

 

 

 

 

 

 

 

 

6) Parlons des bourses Erasmus pour les étudiants. Les étudiants qui choisissent de participer au programme Erasmus sont de plus en plus nombreux, mais la bourse qu'ils reçoivent est très limitée et ils la reçoivent presque toujours seulement quand ils reviennent. Pouvez-vous faire quelque chose pour améliorer cela ?




Il faut faire quelque chose parce que les bourses Erasmus que reçoivent les étudiants sont trop faibles. Nous devons augmenter le budget de l'UE, si nous voulons que ce que nous disons ne soit pas des mots dans le vent.

Nous avons un budget communautaire de seulement 130-140 milliards d’euros par an et ce budget doit répondre aux exigences de l'ensemble des 27 pays.
Nous voulons que l'Europe prenne soin de toutes les politiques de l'ensemble des 27 pays et il est clair que, avec 130-140 milliards d’euros, on ne peut pas donner une bonne réponse.

Ma proposition est d'augmenter le budget : de recueillir un capital financier de mille milliards par an grâce à des euro-obligations. Tout cet argent, nous devons l’investir dans le capital humain. Voilà le moyen de sortir de la crise et de rendre l'Europe plus forte : investir dans les jeunes.

7) Parlons des femmes et du travail. Pourquoi sont-elles celles qui souffrent le plus de la crise ?

Parce qu’actuellement il est toujours difficile de parler de véritable concept d'égalité des chances. Je pense qu'il faudrait renforcer les budgets des politiques des genres et le budget de Génération.

8 ) En quoi consistent ces politiques ?

Le budget des genres signifie que quand une municipalité propose un budget, elle doit essayer de réduire l'écart entre les femmes et les hommes, par exemple en créant une garderie d’enfants et d'autres initiatives qui permettent aux femmes d'être mères et d’avoir un emploi.

Le budget de génération englobe les mesures qui aident les jeunes à travers des centres culturels, des bourses et des installations sportives.

9) Vous êtes l'un des rares hommes politiques qui utilisent l'Internet : vous avez un site personnel, des profils sur Facebook et Twitter mis continuellement à jour. Vous avez également un site appelé Europabarcamp où quiconque peut écrire du contenu, des idées que vous avez appelés «non-conférences». Quelle est l'importance d'internet pour un politicien ? Est-il aussi un instrument pour contrôler et diriger les volontés des citoyens ?

Le réseau est essentiel. Lorsqu’il n’y avait pas encore Internet, on utilisait les méthodes traditionnelles pour parler avec les citoyens. Aujourd’hui, nous n'avons pas à sacrifier les méthodes traditionnelles : il est nécessaire de maintenir un contact physique avec le territoire. Chaque semaine, je retourne au sud de l'Italie auprès des miens, mais nous nous devons d’exploiter ce don qu’est Internet. A travers Facebook, je parle quotidiennement avec beaucoup de personnes, à travers Europabarcamp, nous  recueillons des idées et des propositions de tous les citoyens qui veulent participer sans laisser personne de côté.

C'est une expérience incroyable. Maintenant, je veux lancer un nouveau projet appelé "Wikicrazia" un projet de gouvernement ouvert qui concernera l'administration publique, les gouvernements nationaux, les municipalités, afin que les données soient disponibles à tous. Quelque chose qui permette aux citoyens de résoudre leurs propres problèmes. Autrement dit, un maximum de transparence et une participation maximale des citoyens.

En ce moment, je suis en train de créer une association nationale et européenne qui s’appelera «Première personne». Il s’agira d’une association formée par les jeunes et dont je serai le président. Nous voulons faire des projets wiki dans toutes les autorités publiques au niveau européen.

Entretien avec le vice-président du parlement européen partie 3

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