Emplois saisonniers : flexibilité ou précarité ?

Homme pauvre

Que vous évoquent les mots "travail saisonnier" ? Si vous pensez à des travailleurs bronzés, en montagne l'hiver et à la plage l'été, profitant tranquillement de leurs vacances forcées le reste du temps, vous avez tout faux. Les chiffres du chômage, plus inquiétants chaque année, ont pour résultat une augmentation dramatique de la précarité des travailleurs saisonniers.

Heures supplémentaires non rémunérées, dépassement de la durée de travail hebdomadaire maximale autorisée, paiement d'une partie du salaire au black et même absence totale de contrat de travail pour 14% d'entre eux : voilà si l'on en croit la CGT les conditions de travail de près de 2 millions de travailleurs saisonniers chaque année. La faute à qui ? Au chômage de masse sans aucun doute, qui pousse les employés à accepter n'importe quelles conditions de travail pour peu qu'ils puissent avoir un emploi pendant quelques mois. Et pourtant, le travail saisonnier n'apparait pas vraiment comme le jackpot...

Prenons par exemple les saisonniers travaillant en montagne en hiver ou à la mer en été. Ils doivent réussir, avec des salaires dépassant rarement le SMIC, à faire face à l'augmentation saisonnière des prix des loyers dans ces lieux hyper touristiques. En effet, seuls 8% des travailleurs saisonniers sont logés par leur employeur, et dans des conditions pas toujours reluisantes, comme cet étudiant que son patron faisait dormir dans un hangar agricole...

L'absence de prime de précarité, contrairement à un CDD traditionnel, et l'interdiction de cumuler plus de huit mois de contrat de travail saisonnier sur douze consécutifs, contribuent encore à la précarisation des travailleurs saisonniers. De plus, ces emplois au départ brigués par des étudiants en vacances ou des jeunes en quête de leur premier emploi s'étendent maintenant à toutes les catégories d'âge.


Pour les personnes d'âge mûr, un statut de saisonnier peut toutefois constituer un réel problème : pas facile d'obtenir un prêt sans CDI, d'autant moins lorsque l'on ne travaille que la moitié de l'année...

Cependant, des initiatives locales commencent doucement à se mettre en place afin de sauver les saisonniers de la précarité. A Saint-Malo, le centre de formation et d'insertion professionnelle Emeraude Compétences a notamment mis en place un projet de travail continu pour les saisonniers, basé sur le concept suivant. Les secteurs du maraîchage et de la conchyliculture sont complémentaires en ce qui concerne les dates d'activité, le projet serait donc de permettre aux saisonniers d'enchaîner les deux activités.

Malheureusement, ce type d'initiative reste rare, et la précarité des saisonniers est pour le moment toujours d'actualité.

Consulter les spécificités du contrat de travail saisonnier.

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