Entretien avec le vice président du parlement européen partie 3

10) Les citoyens européens ont-ils une conscience civique européenne, ou se sentent-ils encore éloignés des institutions européennes ? Les citoyens connaissent-ils le rôle du Parlement, de la Commission européenne, pour qui ils vont voter et quelle est l’importance de l’Europe ?

Pas assez. Il y a quelques citoyens conscients de ces choses. Mais ceux qui ne le sont pas sont encore nombreux. Il y a un manque de connaissances dans les écoles, les universités, dans les soirées. Et il y a beaucoup de confusion causée par de l’incompréhension. Beaucoup de gens confondent le rôle du Parlement avec celui de la Commission européenne et du Conseil européen. Personne ne connait l’architecture de l’Europe. Personne ne sait quelle est la fonction de chaque député. Nous ne réalisons pas que c’est l’Europe aujourd’hui qui détermine la législation nationale à 75%. Comment un citoyen, un politicien, un travailleur dans les médias de communication, un professeur, ne savent pas ce qu’est l’Europe ? À la télévision, par exemple, les espaces dédiés à l’Europe sont très rares.

Quand on parle de l’Europe c’est seulement quand vous voulez calomnier, quand vous voulez en dire du mal. C’est le sport le plus confortable et plus pratique. Quand un gouvernement ne peut pas résoudre un problème lui-même, il est toujours à la recherche d’un responsable et il met automatiquement la responsabilité sur le dos de l’Europe.

11) Le provincialisme est-il d’actualité?

Absolument.

12) Si l’Europe n’avait pas existé, que ce serait passé avec l’Italie, l’Espagne et la Grèce?

L’Europe est encore en chantier. Nous ne pouvons pas rester ainsi. Cette crise que nous traversons actuellement nous enseigne que l’Europe ne peut se contenter d’une monnaie unique, elle a aussi besoin d’un gouvernement et d’une union fiscale uniques. Nous avons commencé par le plafond, la conviction est née en nous attaquant au plafond que nous devrions toucher aux piliers et aux fondations. Un processus inverse par rapport à la norme. Nous devons revenir en arrière et refaire les fondations : la fondation, c’est la politique. L’Europe doit être une union politique, une gouvernance économique et une union fiscale. Si vous ne l’obtenez pas…

13) Comment les citoyens peuvent-ils reprendre confiance en la politique?

Avec des exemples, des exemples. Des exemples positifs.

14) Qui sont les exemples ? Les gens?

Les personnes sont des exemples. Les principaux exemples. Si le citoyen prend conscience qu’il y a des gens qui sont en politique de manière sérieuse, honnête et sans intérêts personnels, ils verront que tous ne sont pas des voleurs ou des intéressés. Nous devons le réaffirmer en faisant de belles choses. Je ne me lasse pas de concevoir de nouvelles choses et surtout d’avoir cette relation directe avec les citoyens. Vive l’Europe!

portrait de Gianni Pitella

Gianni Pitella, vice président du parlement européen, prenant note


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